Badwater 2007 – 20 minutes

Suffocant. Le marathonien de l’extrême, Alain D’Andria (56 ans), par à Las Vegas (Californie) jeudi où il participera le 23 juillet à la 30e édition du Badwater Marathon dans la Vallée de la Mort. Après avoir remporté le 13 décembre, l’Antarctic Ice Marathon (Pôle Sud) sous des températures glaciales (-30 degrés), le Marseillais va maintenant tenter d’inscrire son nom au palmarès de l’Ultra Marathon le plus chaud du monde. 217 kilomètres de course sous une température de plus de 55 degrés, âmes sensibles s’abstenir.

«Je me demande comment mon corps va réagir sous cette chaleur extrême, confie D’Andria, qui pour l’occasion s’est entraîné du côté de Ouarzazate, dans le désert marocain. Certains marathoniens tombent comme des mouches au bout de deux heures, d’autres mettent plus d’un an pour s’en remettre. Je ne sais pas ce qui va être le plus dur pour moi: résister à la chaleur ou courir pendant 48 heures sans dormir…».

«Dépassement de soi»

Mais comment fait-on pour en arriver là? «Je suis un homme de défi, martèle cet ovni de la course à pied. Mon leitmotiv? Le dépassement de soi». L’histoire d’amour d’Alain d’Andria pour la course à pied a démarré en 1997 où comme tout Marseillais, il participe au semi-marathon Marseille-Cassis. «Je n’avais jamais fait de sport de ma vie avant cette course, confie-t-il. J’y ai tellement souffert que ça m’a donné envie de continuer…»

Alain s’entraîne de plus en plus sérieusement et n’a qu’une idée en tête: vivre de grandes sensations. Après avoir écumé les marathons les plus prestigieux de la planète entre 1998 et 2003 (New York, Chicago, Londres, Pékin, Berlin, Nouvelle-Zélande, etc…), ce chef d’entreprise souhaite passer à plus exaltant. Il s’inscrit alors en 2004 à l’Ultra-marathon d’Afrique du sud (60 km de course soit 18 km de plus qu’un marathon normal), et le termine en 5h20, lessivé. Une nouvelle révélation.

«Faire des trucs rares»

Insatiable, Alain décide de remettre le couvert deux ans plus tard avec le Marathon du Pôle Nord (le plus froid du monde!), histoire de «faire des trucs rares». Les choses vont alors prendre une autre tournure. Pour s’habituer à la rudesse du climat qui l’attend sur la banquise (-40°), Alain – suivi par un médecin, un cardiologue, et un diététicien- s’entraîne pendant plusieurs mois dans de grands frigos industriels (-25°) situés au Canet (Marseille). Une préparation unique qui portera ses fruits: le 8 avril 2006, D’Andria termine en 7e position (sur 40 participants) de la 3e édition du Marathon du Pôle Nord en 6h18.

Et quelques mois après, il remportera le Marathon du Pôle Sud. La consécration. Médaillé le 1er juin par la Ville de Marseille, pour «l’ensemble de ses exploits sportifs qui ont porté haut les couleurs de sa ville à travers le monde», D’Andria n’a pas fini de faire parler de lui.

Grand Chelem. Alain D’Andria est aujourd’hui le seul Français à appartenir au club fermé des marathoniens ayant couru sur les 7 continents ainsi qu’au Pôle Nord. Dans le monde, seulement huit Américains et six Britanniques sont à créditer de cet exploit.

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